Malgasy Tombs [pl]
Signification théologique du tombeau dans la société malgache [pl]
Père Josef Niesyto, dr hab.
D’après certains documents comme ceux de Küsters, les Malgaches disposaient de leurs cadavres de différentes façons, avant que le premier tombeau fasse son apparition. Au tout début, on abandonnait ou exposait le cadavre aux éléments, et ça, n’importe où. Le défunt n’était pas enterré (mandevina); il était tout simplement jeté (ariana)61, une procédure plutôt expéditive telle qu’exprimée par l’expression « manary ». Il y avait aussi l’immersion, c’est-à-dire, on plongeait le cadavre dans une rivière tout simplement. Par la surélévation, la sépulture se faisait en plaçant les restes sur une plateforme, au sommet d’une grosse pierre; ou le cadavre était suspendu dans un arbre, supporté par les branches. À l’occasion, on avait recours à l’incinération : on brûlait le cadavre complètement. Mais ceci se faisait très rarement. Il y avait aussi la momification par laquelle le cadavre était conservé au moyen de matières balsamiques d’embaumement. À un moment donné, on pratiquait le décharnement, une sépulture en deux temps. Dans ce cas, le cadavre était laissé dans un lieu bien gardé pour qu’il se décharne; dans un deuxième temps, les os étaient récupérés et ensevelis de nouveau. Il arrivait aussi, mais ça rarement, qu’on pratiquait la manducation, ou le cannibalisme. On faisait cuire le cadavre et on le mangeait. Selon une légende, cette manière de traiter les cadavres a pris fin de la façon suivante:
Un jour, un roi avait perdu son fils unique. Et comme il l’aimait beaucoup, il ne voulait pas manger le cadavre de son fils. Il préférait le garder. Alors, il demanda aux gens de le remplacer par des bœufs en disant : « Car cela me fait trop de peine, et je veux le conserver. Cependant, cette proposition que je vous fais si elle vous convient, faisons-la nôtre, mais si la majorité ne l’accepte pas, moi-même n’y tiens non plus. » Alors tout le monde se mit à réfléchir car c’en était une nouveauté. Au matin, les parents dirent : « C’est convenable probablement puisqu’il y a unanimité, si non tout le monde n’aurait pas acquiescé. » Alors le roi remplaça le cadavre de son fils par beaucoup de bœufs car il était riche, et les gens mangèrent les bœufs substitut de l’enfant décédé.
On peut ajouter aussi « la sépulture de remplacement qui se pratiquait dans le cas où on ne disposait pas du corps, mais les honneurs devaient lui être rendus comme si le corps y était... sépulture du cadavre « in absentia » en quelque sorte. Il s’agissait alors d’un ensevelissement « combiné », une sépulture en deux temps. Mais ce procédé existait seulement chez certaines tribus.
De ces modalités, on peut conclure que les sépultures étaient variées et pratiquées d’une façon générale au Madagascar, les variations n’intervenant que dans les détails des cérémonies et dans l’aspect extérieur des sépultures. Mais, arriva enfin, la sépulture par inhumation et la parution de différentes façons d’ensevelir les restes.
Dans son ouvrage « Mœurs et coutumes des Malgaches », R. Dacary décrit les formes traditionnelles de sépulture, séparant les tombeaux en quatre types principaux:
Il y a sépultures en terre ou en caveaux qui ressemblent aux « Vazoho », genre de maison-cabane en pierre avec et/ou étage supérieur, chez les Betsileo.
Les sépultures « Vazimba » dans les rochers ou les grottes qui pourraient être les premiers tombeaux chez les Betsileo et les Merina.
Sur le sol ou sous des couverts légers, se trouvent des « Anirotra », sûrement des tombeaux pour sépulture provisoire.
Enfin, il y a les sépultures collectives des clans et des grandes familles. Celles-ci peuvent être à la fois les « Vazoho » et les « Tranovato » chez les Betsileo et les Merina.
Selon un ordre, disons chronologique, nous pouvons classer les tombeaux sous la rubrique « Fasambemaso », c’est-à-dire des tombeaux exceptionnels de par leur dimensions et leurs genre de nature fermée, soit sur ou sous terre, sorte de catacombes primitives dans l’histoire des sépultures chez les Betsileo du Nord de Madagascar : le Vazimba, le Fasambemaso, le Fasan Anirotra ou Anirotra, le Vazaho et le Tranovato.
Selon un aphorisme malgache, on estime que les morts eux- mêmes désirent être ensemble : « Ny maty aza te-ho maro ». L’expression exprime la sociabilité des Malgaches, même dans l’au- delà.
Évidemment, les disparus et la pensée de la mort occupent une place importante chez les vivants qui, par ailleurs, ne manquent pas d’apprécier les bonnes choses de la vie.
Il faut reconnaître que, chez les Malgaches, la vie continue au-delà de la tombe. Ils désirent ardemment une vie après la mort, une vie qu’ils supposent à peu près semblable à l’existence terrestre. Ainsi démontrent-ils un certain courage face à la mort. Ils ne la craignent pas. Ils la savent inévitable. Et, s’ils pleurent ceux qui meurent, ils ont moins de larmes pour les vieillards qui s’en vont, « voky andro » rassasiés de jours au terme normal d’une longue existence.
Pour les Malgaches, il n’y a pas de coupure radicale entre vivants et morts mais uniquement des rites de passage d’un état à un autre.
Bien que disparus, les morts poursuivent une nouvelle vie dans l’au-delà, toujours en contact avec les descendants. Les morts répondent aux soumissions des vivants selon les règles de la tradition : ils leur prodiguent ordre et conseils, leur faisant part de leur mécontentement dans des rêves. Ils sont invoqués par des sacrifices et des prières. Ensemble, les vivants et les morts participent ainsi à une sorte de société ségrégative mais en constante interaction. La vie dans le monde invisible est éternelle. De ce fait, le Malgache veut que le tombeau, son nouveau domicile, soit une construction solide et confortable en commun avec la grande demeure de ses ancêtres. Une seule maison pour les membres vivants d’une famille; une seule tombe pour les morts : « Vélona iray trano, maty iray fasana ». À la longue, si le monument funéraire est devenu trop encombré, on bâtit un autre qui demande des ressources très importantes. D’où le proverbe : « Tsara ny haren-kita fasana » : la richesse est bonne qui se manifeste par une beau tombeau.65
Autrefois, personne n’était tenu pour vraiment riche qui ne consacrait par des sommes considérables à l’érection d’une tombe. Et la dernière demeure marque ainsi un luxe que souvent l’on ne retrouve pas dans l’habitation toute temporaire de vivant. Construire une maison, c’est travailler pour un moment; construire un tombeau, c’est travailler pour l’éternité.
La maison du mort doit être éternelle, indestructible. On ne peut jamais en faire trop pour les mânes (âmes des morts considérés comme divinités), si l’on veut être assuré de leur bienveillance.
Ce n’est pas uniquement l’être physique ou corporel qui se démolira par la mort. La mort est à la fois et surtout un changement d’état, une sorte de modification de situation. La mort représente une disparition définitive, mais il est possible de la supposer opération de passage accompagné de rites spéciaux. La partie matérielle du cadavre, celle qui se décomposera, à l’exception des ossements, est désormais impure, et la fin des rites des funérailles a pour but de purifier la souillure: le relent ou l’altération risquerait de contaminer les vivant qui, pour une raison quelconque ne respecteraient pas ce passage en le simplifiant de façons quelconque, particulièrement en le rendant agréable.
Chacun chez soi: les vivants avec les vivants, les morts avec les morts. Pour mieux réaliser cette règle, certains groupements jettent de la terre sur le cercueil dans la fosse (ou de dalle du caveau) en tournant le dos ou en coupant une ficelle qui attachait le cadavre au parents survivants. Une fois détachés, les parents s’enfuient. C’est ainsi, selon la croyance, que la mort n’attirera pas d’autres vivant avec elle.
Groby malgaskie

Book 1. Meditations for the Road vol. 1 [fr]
Book 2. Meditations for the Road vol. 2 [fr]
Book 3. Funerary Beliefs and Practices of the Betsimisaraka of Madagascar, Relative to the Christian Tradition [pl], description [en]
Book 4. Anthropological And Theological Bases For Traditional Madagascan Eschatological Concepts [pl], description [en]
Book 5. The Mysteries Surrounding Death Among the Betsimisaraka in Light of the Christian Tradition [pl], description [en]
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Book 9. He sends them forth to preach the Gospel [pl]
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Book 12. Tenin'ny Fiainana vol. 1 [mg]
Book 13. Tenin'ny Fiainana vol. 2 [mg]
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Book 15. Christian view on exhumation and Zebu sacrifice at Betsimisaraka tribe in Madagascar [pl], description [fr]
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Book 18. Challenges And Achievements: Real Life Of Canadian First Nations [pl], description [pl]