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Book 15 Description

Book 15 description - Christian view on exhumation and Zebu sacrifice at Betsimisaraka tribe in Madagascar [pl]

Christian view on exhumation and Zebu sacrifice at Betsimisaraka tribe in Madagascar [pl]

Description du livre - Regard par le prisme du Christianisme, sur l’exhumation des corps et le sacrifice du Zebu dans la tradition des Betsimisaraka au Madagascar [pl]

Regard par le prisme du Christianisme, sur l’exhumation des corps et le sacrifice du Zebu dans la tradition des Betsimisaraka au Madagascar [pl]

Regard par le prisme du Christianisme, sur l’exhumation des corps et le sacrifice du Zebu dans la tradition des Betsimisaraka au Madagascar

Père Josef Niesyto, dr hab.


1. Bref aperçu du Madagascar et des Betsimisaraka

L’île de Madagascar, la troisième par ordre de grandeur des îles du globe, est située dans l’Océan Indien, séparée de l’Afrique australe par le Canal de Mozambique. Là, on y trouve les Betsimisaraka qui constituent actuellement la deuxième plus grande tribu au Madagascar.

La hutte est l’habitation traditionnelle des Betsimisaraka. Elle est construite à partir de matériaux végétaux. Le Ravenala (arbre du voyageur) est utilisé pour les parois et les toitures. Aujourd’hui, les constructions en végétaux « falafa » sont très répandues, mais les habitations en tôle et béton sont également convoitées.

Le riz est l’aliment de base des Betsimisaraka qui sont parmi les plus importants consommateurs de riz au monde. Donc, les villageois cultivent le riz principalement. Les cultures destinées à l’exportation (café, vanille, girofle, poivre, fruits…) se développent progressivement mais dépendent parfois de la disponibilité des matières premières.

Les Betsimisaraka aiment la danse collective où le balancement des hanches et la lenteur du rythme rappellent les danses polynésiennes. Le peuple Betsimisaraka est reconnu pour sa générosité et son accueil chaleureux.

Les ancêtres jouent un rôle très important dans la vie quotidienne des Malgaches. Les ancêtres ont une influence capitale sur la vie des vivants. L’identité sociale trouve ses racines dans la relation avec les ancêtres. Un pouvoir émane des terres ancestrales. À cet égard, il faut noter deux cérémonies courantes : le famandihana (ou le tsaboraha…retournement des morts) et le joro (communication avec les ancêtres).

Ces rituels impliquent traditionnellement un festin et le sacrifice de bétail. De nombreux fady (interdits) régissent la vie des Betsimisaraka. Par exemple, il faut éviter de parler de crocodiles et de vers de terre (« masoala »). Il ne faut pas non plus manger du sanglier.

2. Le famandihana (l’exhumation des corps)

L’expression « famandihana » respecte toujours la signification originale du mot : (transfert d’un corps d’un endroit à un autre), mais embrasse à la fois les différentes raisons pour lesquelles le transfert s’effectue : l’anirotra, le transfert d’un corps enterré provisoirement parce que le tombeau familial n’était pas encore fini, ou parce que le corps était inhumé loin de la tombe ancestrale. Dans un deuxième temps, « famandihana » signifie la transportation de cadavres d’un tombeau ancien qui se trouve plein à une tombe nouvelle. Dans une telle circonstance, il s’agit d’une « inauguration ».

Une troisième raison pour initier une « famandihana » serait une attention spéciale portée aux ancêtres : changer leurs linceuls; leur en ajouter des neufs; se rassembler et se réjouir avec un grand nombre de leurs descendants. En fait, le « famandihana » est une grande fête familiale qui a pour but de rehausser le prestige des aïeux à l’honneur de la famille initiatrice. C’est ce qu’on entend par l’expression « famandihana de prestige ou périodique ». Il s’agit en fait d’un festival familial.

Il est bon de décrire l’origine du mot « famandihana » et de baliser son sens étymologique.

Le mot « famandihana », a comme radical, le mot « vadika », qui veut dire l’envers, l’action de tourner, de détourner, et de retourner les ancêtres. Dans certaines régions, on dit « vadi-drazana » (mamadika). L’une des explications serait que la cérémonie a lieu pour désankyloser les ancêtres fatigués d’être restés trop longtemps couchés du même côté dans leur demeure. En fait, l’essentiel c’est l’action de ré-ensevelir les défunts dans des nouveaux suaires qui oblige à la fois de coucher les morts sur le dos.

Mais, il y a différents types de « famandihana ».

3. Famandihana de transfert.

La première signification du terme « famandihana » est le transfert ou transport dans la sépulture d’un ou de plusieurs cadavres enterrés provisoirement (anirotra), ou du fait que la tombe familiale n’était pas encore achevée pour des raisons citées plus haut. En quelques mots, il s’agissait de secondes obsèques comme on les trouve aussi en Indonésie.

La cérémonie comporte les étapes suivantes: le corps enterré est exhumé et les os sont nettoyés. Ensuite, les os sont rassemblés et enveloppés dans un linceul que l’on veut durable et précieux pour honorer le défunt. Les os sont transportés au tombeau et y sont introduits cérémonieusement. Le fait d’ajouter un membre de famille à ceux qui sont déjà rassemblés dans le tombeau ancestral, fournit l’occasion à celui qui était enterré provisoirement de ne pas être exclus de sa famille. Le fait de ne pas être enterré au tombeau familial est un déshonneur pour les Malgaches depuis toujours.

4. Famandihana d’inauguration

Ce second type implique généralement le transport de tous les cadavres d’un tombeau ancien qui se trouve rempli vers une nouvelle tombe. Mais ce qui est plus significatif pour cette sorte de famandihana, c’est l’obligation de porter tous les cadavres sept fois autour du nouveau tombeau avant de les intégrer dans la chambre sépulcrale.

5. Le Famandihana de prestige.

Étymologiquement, le « famandihana » frappe l’imagination, et impose le respect et l’admiration. Les vivants cherchent à provoquer la reconnaissance des ancêtres, d’abord en leur érigeant un tombeau neuf. En somme, le « famandihana de prestige » est un mélange, une sorte de reprise de ce qui se passe lors d’un transfert ou d’une inauguration : (changements de linceuls, etc.) À l’occasion, il y a choix délibéré de certains défunts plutôt que d’autres lors d’un « famandihana de prestige ».

Pour un transfert, on peut penser en termes de secondes obsèques et la mise des restes purifiés des défunts dans un ossuaire commun. Une inauguration oblige faire de la place et esquisser un autre cycle sans discontinuité brutale dans l’histoire d’une famille. Le « famandihana de prestige », s’il est aussi coûteux ou plus coûteux que les deux autres, semble beaucoup plus gratuit et parait réservé aux Malgaches, surtout chez les gens des hauts plateaux.

Le « famandihana » est motivé par les raisons basées forcément sur le caractère humain.

6. Raisons psychologiques.

Les Betsimisaraka croient à la survie outre-tombe et au pouvoir des ancêtres (le « hasin-drazana »). On croit que les ancêtres se manifestent aux vivants dans les rêves de ces derniers. Ils peuvent manifester des désirs que les vivants essaient aussitôt de satisfaire. Les vivants procèdent au retournement de leurs ancêtres, parce que ceux-ci ont exprimé le désir d’être enveloppé dans de nouveaux linceuls. Cette familiarité collective avec les morts anciens et le contact avec des ancêtres décharnés, est une expérience que généralement les Occidentaux ne connaissent pas. Chez les Betsimisaraka, l’image de la mort est profondément modifiée et les défunts, dont on a une nouvelle image, ne sont plus quelque chose mais quelqu’un. On se sent quitte envers eux et même on les croit débiteurs, au point qu’on attend d’eux la chance et le bonheur. Enfin, sans négliger ni exagérer la part de la croyance accordée à la puissance des ancêtres, les honorés donne une certaine assurance.

7. Les raisons sociales.

Lorsque des parents proches meurent au loin, on redoute le qu’en dira-t-on, la pression sociale de l’entourage qui accuse d’abandon ou même de rejet. Il a été dit que les cérémonies funéraires sont surtout un des moyens de renforcer la cohésion sociale, tant au sein de la famille que dans l’entourage. Les invitations lancées et acceptées, l’aide sollicitée et obtenue, les contacts sociaux de toutes sortes, voyages, séjours, hospitalité, services rendus, propos échangés, repas et représentations musicales offerts, forment un réseau dense et serré entre tous les participants et même les spectateurs. Chacun ressent la force et la solidité de la solidarité. Chacun éprouve ses racines sociologiques et mesure l’importance du groupe sur lequel il doit pouvoir compter. Et ceux qui sont éloignés, mais qui espèrent l’appui de ce même groupe, participent par l’envoi d’argent et de messages. Tous ces aspects traditionnels, de dépenses somptuaires, de vanité collective, d’excitation de sens, d’irrespect envers les défunts, de pratiques certainement païennes, ont provoqué des critiques plus ou moins sévères chez différentes confessions chrétiennes. Certaines sont allées jusqu’à interdire ces coutumes.

8. Les raisons religieuses.

Il a déjà été mentionné auparavant que la crainte superstitieuse et la magie sont mêlées au respect et au culte envers les défunts. En effet, tous les objets qui ont été en contact avec le cadavre sont devenus sacrés. Ainsi, le Malgache considère l’état d’être ancêtre comme un rapprochement de Dieu, qui fournit des avantages et produit des compétences nouvelles. Les vivants croient avoir besoin des morts, et cette croyance constitue toujours une des bases de la mentalité religieuse malgache. Toute la vie semble orientée vers le monde invisible, source intarissable de protection et de sécurité. Mais de leur côté, les morts attendent des vivant, des rites et des prières indispensables. La croyance est qu’après l’enterrement, l’âme du défunt peut se trouver encore errante, réclamant son admission parmi les dieux ou dans le domaine des esprits. Que cette âme manifeste ou non son attente, une cérémonie spéciale marquera officiellement l’introduction du mort dans la société des « Divins Ancêtres ». Après ces dites « secondes funérailles », le nom d’un mort ne doit plus être prononcé, car par cette cérémonie, il est entré solennellement et définitivement dans le domaine invisible.

Mais la coutume du « famandihana », n’est pas sans contreverse. De nos jours, quand on parle de « famandihana », plusieurs critiques se penchent négativement sur le rite traditionnel, surtout sur les plans économique, moral et théologique.

Chez certaines confessions, la critique devient inévitable. Elles estiment que le « famandihana » n’est que de l’idolâtrie. Cette perception est incontournable. Il n’y a aucun moyen d’échapper à ce jugement et cette conclusion.

Sur le plan de la santé, on fait remarquer que beaucoup de personnes tombent malades à la suite de leur participation ou de leur assistance à des « famandihana ». La manipulation à mains nues des cadavres dont les suaires sont généralement imbibés d’humidité, la consommation exagérée d’alcool, ainsi que la veillée incessante, nuisent à la santé.

Sur le plan économique traité plus haut, la critique porte sur les sommes très considérables exigées des ménages modestes par les organisateurs de la construction du tombeau et des cérémonies subséquentes. Ces organisateurs sont autoritaires et se comportent sans aucun égard pour la réalité économique des célébrants. Cet édifice n’est pas l’affaire d’un seul, car il s’agit du lieu où reposeront les ancêtres. Aussi, chacun doit payer impérativement une somme prédéterminée. La consolation est qu’on croit que tout ce qui est dépensé pour les ancêtres se trouvera largement remboursé par les ancêtres qui accordent de généreuses bénédictions.

Sur le plan moral, les objections sont reliées à la conduite pendant les journées et les nuits de la fête. Parfois il se produit des brutalités, quand les femmes veulent s’emparer de la natte qui a servi à recueillir les ossements. Des bagarres s’ensuivent et la natte et les vêtements sont déchirés. Il y a aussi décoiffement des cheveux!

Sur le plan religieux, les accusations ne manquent pas : la consultation des astrologues et des devins trahit la survivance des pratiques païennes. L’appel des esprits des ancêtres et leur convocation, les offrandes déposées sur le tombeau, les sept tours décrits avant leur intégration, les prières, les demandes qui leur sont adressées, manifestent une foi sans équivoque en leur puissance et leur présence. Et cette foi démesurée porte atteinte à la sainteté de Dieu devant qui il est défendu d’avoir d’autres dieux.

Mais, il ne faut pas sombrer dans le négativisme. Il y a des apports positifs associés au « famandihana ». Parmi les « raisons sociales » traitées plus haut, il existe bien sûr des motivations positives qui incitent les initiateurs d’un « famandihana » à réunir tous les membres de la grande famille. Il est évident que les cérémonies, de par leur caractère presque capricieux, sont surtout un des moyens de consolider la relation sociale, tant la cohésion interne de la famille que ses liens avec l’entourage villageois ou communautaire. La solidarité familiale est plus significative : ainsi, ceux qui sont loin de la terre ancestrale éprouvent encore l’appui du groupe familial local, et participent à la cérémonie par le biais des mandats d’argent envoyés et les messages d’encouragement transmis. En outre, sur le plan culturel, les cérémonies sont bien les manifestations de la tradition, et la famille est le groupement où elle se transmet le mieux. Du point de vue festif, la cérémonie est plutôt une occasion de délassement pour les villageois de la campagne, souvent privés de distractions. Enfin, en ce qui a trait aux objections pour des raisons « religieuses », il a été constaté que les éléments de superstition et de magie n’enlèvent rien au respect et à la ferveur dont on entoure les trépassés. Cependant il est vrai que ce respect provient de la crainte des défunts. Mais, vrai est-il aussi, qu’en dernière analyse, il est véhiculé par l’amour. La croyance à la survie et la considération que l’état de l’ancêtre les rapproche de Dieu donne aux Malgaches des avantages et des compétences nouvelles dans leur vie. Elles leur donnent aussi la capacité de s’ouvrir à d’autres dimensions spirituelles.

Bref, cette interdépendance entre les morts et les vivants n’est en fait que le fruit de la foi et de l’amour qui jouit, à tout moment, d’une réciprocité, et mérite d’abord d’être pratiqué entre les vivants eux-mêmes, et puis, par la suite, entre les vivants et les morts.

9. Le sacrifice du Zebu.

Une appréciation de ce qu’est le sacrifice du Zebu, connu aussi sous le nom de « tsaboraha » et du rôle accompagnateur qu’il joue lors d’un « famandihana » est presque indispensable à l’interprétation générale du rituel. Le sacrifice du Zebu signifie à la fois l’action de s’occuper de quelque chose (dans le sens du devoir), et de bien soigner quelque chose (dans le sens de responsabilité). Il devient ainsi l’occasion d’une fête familiale au cours de laquelle on tue deux bœufs. L’un est tué tout près du tombeau provisoire. On le dit « bœuf de retournement » (ombivadika). Il est considéré comme viande d’obsèques, viande de deuil. Il fait en quelque sorte l’objet de certains interdits et est mangé sans sel sur place, une fois les ancêtres enveloppés dans le linceul. La viande est cuite et distribuée équitablement à tous ceux qui ont cotisé pour la cérémonie. On en donne même à ceux qui n’ont rien apporté car, comme dit le proverbe dont le sens relève surtout du fait qu’il est un jeu de mots par allitération : « Hésiter pour la viande, ce n’est pas l’usage des ancêtres : Fa ny mihenahana amin-kena tsy fanaon-drazana ».

Les sacrifices de ces deux bœufs n’ont pas la même signification. Le premier est une offrande lors du déplacement du corps (vadika); le second (sao drazana), est tué pour rendre un culte aux ancêtres, leur faire honneur, leur adresser des demandes pour l’argent, la bonne fortune, la prospérité chez les descendants, etc. Les moins aisés se contentent d’un seul bœuf partagé longitudinalement, un côté pour le retournement, l’autre pour le remerciement, car les deux sont indispensables et inséparables.

Le sacrifice d’au moins deux bœufs est obligatoire lorsque la sépulture provisoire est loin du tombeau ancestral. Une exhumation ne peut se faire sans le sacrifice d’un bœuf offert par la famille aux habitants du village ou du hameau sur le territoire où se trouvait la tombe provisoire.

Książka nr 15 - Spojrzenie przez pryzmat chrześcijaństwa na ekshumację i ofiarę z Zebu w plemieniu Betsimisaraka na Madagaskarze [pl]

Spojrzenie przez pryzmat chrześcijaństwa na ekshumację i ofiarę z Zebu w plemieniu Betsimisaraka na Madagaskarze

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